Jusqu’à présent, de nombreuses entreprises envoyaient simplement leurs factures en PDF par e-mail. Avec la réforme de la facturation électronique, les règles évoluent : les échanges de factures entre professionnels doivent progressivement passer par un circuit spécifique. Grandes entreprises, PME, artisans et auto-entrepreneurs sont tous concernés, mais pas aux mêmes échéances. Mieux vaut donc comprendre ce qui change pour préparer la transition sereinement.
Qu’est-ce qu’une facture électronique ?
Un PDF envoyé par e-mail ne suffit plus
C’est une confusion fréquente. Une facture créée sur un ordinateur puis envoyée en pièce jointe reste une facture dématérialisée classique. Dans le cadre de la réforme, une facture électronique 2026 obligatoire doit contenir des données structurées que les logiciels peuvent lire et traiter automatiquement. On y retrouve notamment l’identité des parties, les montants, les taux de TVA et les dates de paiement.
Trois formats à connaître
Trois formats sont prévus : Factur-X, UBL et CII. Factur-X associe un PDF lisible à des données XML exploitables par les logiciels. Il convient notamment aux petites entreprises qui souhaitent conserver une facture facile à consulter. UBL et CII reposent sur des données structurées et sont également utilisés dans les échanges entre entreprises.
Un calendrier en deux étapes
La réception est obligatoire depuis septembre 2026
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, y compris les micro-entrepreneurs bénéficiant de la franchise en base. À cette même date, les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire sont également soumises à l’obligation d’émission.
Les petites entreprises suivront en 2027
Les PME, les TPE et les micro-entreprises devront émettre leurs factures électroniques à partir du 1er septembre 2027. Cette échéance concerne aussi leur obligation d’e-reporting, selon les opérations réalisées.
À quoi sert l’e-reporting ?
Toutes les transactions ne donnent pas lieu à une facture électronique entre professionnels. Les ventes aux particuliers et certaines opérations internationales relèvent notamment de l’e-reporting. Dans ce cas, l’entreprise transmet à l’administration fiscale les données de transaction et, lorsque cela s’applique, les informations relatives aux paiements.
Les plateformes agréées au cœur du dispositif
Comment les factures vont-elles circuler ?
Les factures électroniques doivent transiter par une plateforme agréée, immatriculée par l’administration fiscale. Celle-ci assure leur transmission au destinataire et communique les données nécessaires à l’administration. Chaque entreprise doit donc prévoir une solution pour recevoir les factures de ses fournisseurs, même si elle n’est pas encore tenue de les émettre sous ce format.
Plateforme agréée ou logiciel compatible ?
Certains logiciels sont eux-mêmes des plateformes agréées. D’autres proposent des fonctions de facturation électronique tout en s’appuyant sur une plateforme agréée pour transmettre les documents. Avant de choisir, il est donc utile de vérifier le fonctionnement exact de la solution et sa compatibilité avec la réforme.
Pour les indépendants et les petites structures, le prix compte aussi. Certaines offres permettent de gérer la facturation électronique sans frais supplémentaires, c’est notamment le cas d’Indy, immatriculée PA.
Quels critères regarder avant de choisir ?
Au-delà du statut officiel de la plateforme, mieux vaut comparer la simplicité d’utilisation, les tarifs, les possibilités de connexion avec le logiciel comptable et les fonctions incluses. Une solution qui s’intègre aux outils déjà utilisés évite de multiplier les manipulations et facilite le suivi administratif.
De nouvelles mentions sur les factures
La réforme ajoute plusieurs informations aux mentions habituelles, comme la date et le numéro de facture, l’identité des parties, la description des prestations et les conditions de paiement.
Quatre éléments supplémentaires sont notamment prévus : le numéro SIREN du client, l’adresse de livraison lorsqu’elle diffère de l’adresse de facturation, la nature de l’opération (vente de biens, prestation de services ou opération mixte) et, le cas échéant, la mention relative à l’option pour le paiement de la TVA d’après les débits.
Quels avantages au quotidien ?
La facturation électronique doit aussi faciliter la gestion des factures au quotidien. Les informations étant directement exploitables par les logiciels, il y a moins de saisies à effectuer et les documents sont plus faciles à intégrer en comptabilité. Le suivi des factures et des paiements s’en trouve également simplifié.
Mieux vaut vérifier dès maintenant que son logiciel et sa plateforme sont prêts pour la réforme. La réception des factures électroniques étant déjà obligatoire depuis le 1er septembre 2026, les entreprises doivent s’assurer qu’elles peuvent les recevoir et les traiter correctement. Elles pourront ensuite préparer sereinement la prochaine étape : l’obligation d’émettre des factures électroniques, prévue à partir du 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entrepreneurs.




